L’échelle de Mohs : comprendre la dureté des pierres en joaillerie
Lorsque l’on parle de bijoux, la beauté ne suffit pas : la résistance des pierres joue un rôle crucial dans leur durabilité. L’échelle de mohs permet justement de l’évaluer.
Plongeons ensemble dans l’histoire et le fonctionnement de cet outil largement utilisé en joaillerie.
Une échelle née d’une intuition ancienne
Des prémices dès l’Antiquité
L’idée de tester la dureté des matériaux ne date pas d’hier. Tout a démarré dans l’Antiquité. Dès 300 av. J.-C., Théophraste, successeur d’Aristote, détaille déjà un test de rayure dans son traité sur les pierres. Un peu plus tard, vers 77 ap. J.-C., Pline l’Ancien évoque à son tour une méthode similaire dans Naturalis Historia. Ces premiers tests rudimentaires avaient probablement pour but, comme aujourd’hui, de comparer la résistance des matériaux les uns par rapport aux autres.
La formalisation par Friedrich Mohs
Il faudra toutefois attendre 1812 pour voir naître une échelle structurée et répandue. Cette année-là, le minéralogiste allemand Friedrich Mohs propose une classification des minéraux totalement inédite. Cette dernière va à l’encontre des classifications de ses confrères de l’époque.
Contrairement à ses contemporains qui privilégiaient une approche chimique, il choisit de classer les minéraux selon une propriété physique : leur capacité à résister aux rayures.
Il s’inspire alors des observations de Théophraste et de Pline l’Ancien pour mettre au point une échelle composée de dix minéraux, ordonnés par dureté croissante.
Définir l’échelle de Mohs
Une échelle ordinale de 1 à 10 basée sur un principe simple : qui raye qui ?
Les travaux de Friedrich Mohs classent les minéraux sur une échelle de 1 à 10, du plus tendre au plus dur. Le niveau 1 correspond au niveau de dureté le plus bas des matériaux. Le talc est utilisé en référence pour ce niveau car friable sous l’ongle. Le niveau 10, lui, correspond au diamant. En effet, il s’agit du minéral le plus solide au monde. Il ne peut être rayé que par un de ses semblables.
Le principe est intuitif : un minéral est plus dur s’il peut rayer un autre minéral, sans être rayé en retour. Ainsi, pour évaluer la dureté d’un matériau inconnu, il suffit de le tester face à deux autres minéraux dont la dureté est connue.
échelle de mohs, une échelle non linéaire
Etant donné que cette échelle est défini sur la capacité d’un minéral à en rayer un autre, il est essentiel de noter que cette échelle n’est pas linéaire. La différence de dureté entre les niveaux 1 à 9 est bien moindre que celle entre les niveaux 9 et 10. Le diamant surpasse donc largement les autres minéraux en termes de dureté, même ceux qui le précèdent immédiatement dans l’échelle telle que le saphir ou le rubis (ie. les corindons).
Dureté, fragilité et joaillerie : les nuances à connaître
Dureté ≠ fragilité : attention aux confusions
Vous l’aurez compris, l’échelle de Mohs se base sur la dureté des matériaux. La dureté désigne la résistance aux rayures. Néanmoins, elle ne doit pas être confondue avec la fragilité. La fragilité d’un minéral dépend de divers facteurs tels que le clivage ou les inclusions présentent au sein de la pierre.
Ainsi, une pierre peut être extrêmement dure tout en étant vulnérable aux chocs. Le diamant, par exemple, atteint le sommet de l’échelle de Mohs, mais peut présenter des inclusions et se casser s’il est frappé à un certain endroit de son plan de clivage.
La dureté en joaillerie : un critère essentiel, formalisé par l'échelle de mohs, mais pas unique
En gemmologie comme en joaillerie, la dureté est un critère clé. L’echelle de Mohs est donc nécessaire pour déterminer si une pierre est adaptée à un bijou destiné à être porté quotidiennement. Cela dit, ce critère n’est pas suffisant.
Deux autres critères entrent en jeu :
- La stabilité, soit la résistance aux agressions extérieures : chaleur, lumière, humidité, etc. Certaines pierres, comme la prasiolite, peuvent changer de couleur à la lumière. D’autres, comme l’émeraude, sont sensibles aux variations de température et peuvent se fendre sous l’effet d’un choc thermique.
- La ténacité, qui correspond à la capacité d’une pierre à résister aux chocs physiques. Une pierre peut être très dure, mais se casser net en cas d’impact.
💡 La dureté d’une pierre ne change pas, qu’elle soit brute, taillée ou sertie.
L’échelle de Mohs, en bref
Trois grandes catégories de dureté
L’échelle de Mohs va du niveau 1 au niveau 10. Cette classification n’est pas linéraire. Ainsi, nous pourrions définir trois grandes catégories pour ces 10 niveaux.
- niveaux 1 à 2 : minéraux tendres
- niveaux 3 à 6 : minéraux semi-durs
- niveaux 7 à 10 : minéraux durs
Chez Charles Arteon Joaillerie, nous privilégions les pierres présentant une dureté supérieure à 6, pour garantir leur résistance dans le temps.
Un moyen mnémotechnique pour tout retenir
Pour se souvenir facilement des dix minéraux de référence, un petit moyen mnémotechnique existe :
👉 « Toi Grand Chevalier, Fuis Avec Ordre Quand Ton Cœur Défaille »
Et, il correspond à : Talc, Gypse, Calcite, Fluorite, Apatite, Orthose, Quartz, Topaze, Corindon, Diamant.
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